Espace couleur et poésieArticlesPoésie De Henri Michaux« Les choses sont une façade, une croûte. Dieu seul est. Mais dans les livres, il y a quelque chose de divin. « c'est là ». Après quelque intervalle, toutefois, par morceaux, petit à petit, le voilà qui se détache, retombe un peu, beaucoup, mais jamais si bas que là où il était précédemment. Il a gagné quelque chose. Il s'est fait un peu supérieur à lui-même. Henri Michaux
J e suis tellement faible (je l'étais surtout), que si je pouvais coïncider d'esprit avec qui que ce soit, je serais immédiatement subjugué et avalé par lui et entièrement sous sa dépendance ; mais j'y ai l'œil, attentif, acharné plutôt à être toujours bien exclusivement moi.Grâce à cette discipline, j'ai maintenant des chances de plus en plus grandes de ne jamais coïncider avec quelqu'esprit que ce soit et de pouvoir circuler librement en ce monde. Mieux ! M'étant à tel point fortifié, je lancerais bien un défi au plus puissant des hommes. Que me ferait sa volonté ? Je suis devenu si aigu et circonstancié, que, m'ayant en face de lui, il n'arriverait pas à me trouver. H. Michaux, extrait "Lointain Intérieur" ---------------------------------- Et circulant dans mon corps maudit, j'arriverai dans une region où les parties de moi étaient fort rares et où pour vivre, il fallait être saint. Mais moi, qui autrefois avais tellement aspiré à la sainteté, maintenant que la maladie m'y acculait, je me débattais et je me débats encore, et il est évident que comme ça je ne vivrai pas. Un Barbare en Chine (extrait) .............
fluide, fertile .............
" Dans l'étroite salle qui cesse d'être étroite calme vient à notre rencontre un calme de bienvenue composé d'allonges, d'allonges abandons non dénombrés Emplacement n'est plus ici n'est plus là on a cessé d'en avoir, d'en vouloir Du cotonneux en tous sens vacillant, indéterminé sur le passé qui sombre Tourments, tournants dépassés un corps pourtant non disparu a coulé Lieux quittés Temps du calme continu Parfait non modulé. Temps dans lequel on ne sera plus déconcerté divisé, dans lequel rien n'interpelle, où ne débouche phénomène aucun Plus de rencontre Monde sans gradins ou aux milliers d'imperceptibles gradins accidents indistinctement coulissant dans de similaires accidents Egalisation enfin trouvée enfin arrivée qui ne sera plus interceptée. On y vogue. Jubilation à l'infini de la disparition des disparités. "
Posté le 31/01/2008 | 112 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article Rechercher dans les articles |